Cher Gouvernement, je pensais que tu me manquais.

UPDATE en date du 29 mars 2011:

Je suis victime de harcèlement. Honnêtement.
Je viens de recevoir une quatrième lettre d’eux, celle-ci me disant que je n’ai pas fait suite à l’entente convenue et que des mesures seront prises contre moi si je ne paie pas d’ici le 31 mars.

Excusez-moi cher lecteur mais j’ai juste envie de crier: C’est quoi votre « &% de $%? de problème, gang de tout croche!!! J’ai assez hâte qu’on ait vendu notre maison, ça me donnera au moins un maudit break de c’te gouvernement pendant tout le temps qu’on vit pu au Québec, bout de viarge!

Bon, je respire. Ça va mieux 🙂

Je suis retournée vérifier dans mon compte bancaire évidemment et, comme je me doutais déjà, tous les paiements ont été effectués en règle, soit à chaque début de mois, le dernier en mars ayant été encaissé.
Ce cher gouvernement a encore 2 de mes chèques en main, et ils le savent puisque ces dames ci-bas pouvaient le voir à leur « système », ce qui conclura le remboursement tel que l’entente.
Je ne me vois pas appeler au département des fous encore, je vais perdre mon sang-froid. Vraiment.
—————————————
Billet original:

Comment se fait-il que les interactions avec le gouvernement sont rarement plaisantes? On est surpris quand ça va bien. Voici ma dernière histoire. Pour les amoureux du Québec, vous abstenir.

Je ris, je ris encore du ridicule de la situation. Et le pire, c’est que ce que j’ai expérimenté représente une graine de sable dans la plage des stupidités et illogismes du fameux SYSTÈME. Ne-non, il n’y a pas de système parfait, et je sais je sais, j’ai eu la chance de pouvoir bénéficier d’une assurance pendant le congé de maternité, contrairement à nos voisins américains et à bien d’autres misères dans le monde… on n’est pas au Caire en ce moment non plus. Bon. Ceci dit, écoutez bien celle-là: mise en situation –

En novembre, je reçois une lettre du RQAP (assurance parentale pour le congé de maternité) m’annonçant que le calcul de mes prestations étaient erroné et que selon mon rapport d’impôt de 2009, je dois donc rembourser quelques milles dollars. Ah ben oui, toujours plaisant à lire ça ….
À la demande du RQAP, je les contacte dans le délai prescrit et au téléphone, je prend donc entente avec la dame sur les modalités de remboursement. Elle me propose d’envoyer une série de 12 chèques post-datés pour chaque mois. Je m’entends pour 6 mois, je veux régler ça au plus vite. Je suis quand même une bonne cliente malgré la situation non?
Seul détail que la dame de demande: « vous pouvez commencer votre premier chèque au 1er décembre, mais comme vos prestations se terminent le 4 décembre, ne nous envoyer pas vos chèques immédiatement. Attendez le 5 décembre car nous ne pourrons « procéder » à votre dossier si vous êtes encore prestataires ».
Ah bon ok, logique interne administrative. Noooo problemo, j’obtempère en bonne citoyenne. J’ai même laissé un petit lousse, j’ai envoyé mes chèques à la mi-décembre.

Petoum petoum, 2 chèques s’encaissent, mon congé de maternité est bien terminé et puis la vie continue, je suis passée à un autre appel comme on dit.

28 janvier dernier, je vais à la poste et ouvre une enveloppe du centre de recouvrement du Gouv qui me dit ceci: « Nous vous demandons de communiquer avec nous avant le 29 janvier afin que nous puissions vous informer adéquatement de la situation et discuter avec vous des modalités de remboursement de votre dette envers le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Si vous ne communiquez pas avec nous dans le délai prévu, cela pourrait nous amener à prendre d’autres moyens pour récupérer les montants dus. (…). En date du 19 janvier, votre dette s’élève à »  — le montant inscrit est en fait le solde initial moins 2 paiements déjà encaissés.

Euh…WTF??? (what the fuck, pour les non-initiés)

Le 29 janvier était un samedi. Je voulais tenter de régler, mais je devais attendre au lundi, les bureaux étant fermés. Je rédige donc une note, inscrite et envoyée directement au RQAP via mon dossier de maternité. C’est eux qui m’ont contacté au départ, je me dis qu’ils pourront régler ce bug.

Devinez? Vous pensez que ça aurait pu bien aller comme ça? Ben voyoooooonnnnnsss. Trop facile ça ma p’tite madame! Vous êtes une cliente, mais tut tut tuuut! le Gouvernement, c’est pas une business, ça marche pas comme ça, en tout cas pas au Québec! Ne-non, faîtes vos devoirs là ma p’tite madame, appelez vous-même.
D’ailleurs, c’es-tu moi où je me sens infantilisée quand je touche à des dossiers épineux avec le Gouvernement du Québec? J’ai des flashback du temps que j’opérais mon entreprise…brrrrr….

Bref, j’ai reçu cette courtoise réponse du RQAP: « Madame X, Pour ce genre de questionnement, vous devez vous adresser aux organismes concernés, car ce sont eux qui appliquent la réglementation. Nous ne disposons d’aucune information à ce sujet. Vous devez communiquer avec le Centre de recouvrement au numéro X ou X . Le Centre de service à la clientèle du RQAP ne vous a acheminé aucun avis récent concernant cette réclamation. Agréez nos meilleures salutations L’équipe du Centre de service à la clientèle du RQAP »

Ah ben oui. Mautadit système.

J’appelle donc à  « l’organisme concerné »:

Femme 1: une fois les procédures d’identification de qui je suis, je mets à jour mon numéro de téléphone puisqu’ils avaient le numéro de mon bureau d’il y a 2 ans et comme ils sont essayés de m’y rejoindre sans succès, il fallait donner un numéro qui fonctionne. Mon adresse restait la même, nous sommes toujours résidents à Qc. Votre numéro est donc bien le 905-123-4567 ?

Moi: oui, c’est mon cellulaire.

Femme 1: Ça vient d’où ce code régional?

Moi: Ontario

Femme 1: Bon ok, attendez un peu, je dois me battre avec le système parce qu’il ne veut pas le prendre. Il associe le numéro de téléphone avec le code régional.

Moi: …il est temps qu’il se modernise votre système. Les Québécois ne doivent pas payer assez d’impôts je me dis 😉

Femme 1: Oui je suis d’accord, il date du temps des dinosaures =) D’accord j’y suis arrivée, maintenant procédons à votre demande. Que se passe-t-il?

Moi: il se passe que j’ai reçu une lettre de votre organisme par erreur. On me demande de vous contacter pour prendre entente sur ma dette, un montant que le RQAP m’a versé en trop. Il s’avère que j’ai déjà pris entente avec le RQAP, à leur demande, et que vous, le gouvernement, avez déjà encaissé 3 chèques de cette dite dette, à l’heure où on se parle.

Femme 1: Ah bon, laissez moi voir ça. (…) Effectivement, je vois à votre dossier les 3 montants passés et je vois les 3 prochains chèques déjà enregistrés à votre dossier qui seront encaissés les premiers du mois. Curieusement, la lettre d’entente a été supprimée. C’est ce qui a dû causer l’envoi de la lettre que vous avez entre les mains.

Moi: Ah. Un autre affaire du « système »…?

Femme 1: …ouin ça doit être ça. Vous avez appelé au  bon département, on fait le recouvrement des dettes du RQAP, mais je vais devoir vous transférer à une autre personne pour réactiver l’entente.

Moi: OK, faîtes ma chère dame.

Femme 2: Bonjour est-ce que je peux vous aider?

Moi: (c’es-tu désagréable d’avoir à raconter son histoire à chaque personne où c’est juste moi qui est trop sensible?) Je répète donc l’histoire.

Mais là attention, en 2 secondes j’ai rajeunit. J’ai 13 ans, je suis pré-pubère et proche de mes premières menstruations… Le ton a changé. Probablement parce que le mien au départ était plus direct. Pas bête, juste direct, genre: pogne la balle toi-là parce que la tite-madame qui est votre cliente aimerait bien que ça se règle, c’te niaisage là. Non mais sans blague. On se fait tous un fun noir à recevoir des lettres de même et à se promener aux départements du Gouvernement, voyons!

Femme 2: Ah bon ok, mais madame, c’est parce que vous avez rembarqué sur les prestations parentales?

Moi: hein?

Femme 2: Ben oui, vous avez repris une semaine de plus.

Moi: Mais WTF où elle prend ça elle? J’ai-tu une double vie???? Euh non madame. Mes prestations se sont terminées le 4 décembre, date inchangée depuis le début de mon congé de maternité. Je n’ai pas fermé et réouvert mon dossier. Tout a été fluide et selon le processus normal. Je ne vous suis pas du tout.

Femme 2: Ahhh non ok euh ok oui je vois mais c’est parce que vous avez pris entente pendant que vous étiez cliente du RQAP. La date de votre entente initiale est du 23 novembre.

Moi: …………………….euh ben oui et puis? (oups, on s’embarque pour un long appel. À son ton, j’aurais dû tout comprendre à cet instant.) Ça me semble normal madame, j’ai appelé le RQAP dès que j’ai reçu leur lettre. Ca adonne effectivement que c’était lorsque j’étais prestataire. La dame m’avait bien mise en garde d’envoyer mes chèques une fois mon dossier fermé, si c’est ce dont vous parlez. Ce que j’ai fait.

Femme 2: Mais c’est parce que lorsque vos prestations se sont terminées le 4 décembre, votre dossier a été fermé et l’entente est tombée. Elle me parle sur un ton courtois de: bon, là, tu la comprends la patante madame???

Moi: …………..je ne comprends pas. Vous encaissez toujours bien mes chèques? L’entente était fait pour régler cette dette? Pourquoi l’entente ne tient plus? Vous voyez à votre écran que 3 de mes 6 chèques sont encaissés? Que faire de plus?

Femme 2: Oui, je vois tout ça. Mais j’essaie de vous faire comprendre (elle s’impatientait, j’étais une récalcitrante de 13 ans, au bord de sa première crise hormonale, qui s’entête à penser que c’est SON système qui est pas bon). Comme je viens de vous le dire, nous on est le Centre de recouvrement du RQAP. Une fois que les prestations sont terminées, donc que votre dossier est fermé, la gestion des dettes nous est transféré. Vous avez une dette donc on vous contacte.

Moi: Madame, je n’ai rien contre vous personnellement (il fallait qu’elle respire par le nez je pense). J’essaie depuis tantôt de comprendre votre argumentaire, de voir si j’ai commis une erreur, parce qu’à vous entendre c’est moi qui suis dans le tort. Mais franchement, je trouve la situation ridicule. Mettez-vous dans mes chaussures 2 secondes et dîtes-moi que de recevoir cette lettre est tout à fait justifié? L’entente que j’ai prise avec le RQAP, elle aurait juste dû être reconduite à votre département non? (– Tsé comme les chèques se sont bien rendus genre comme????? c’est drôle hein, l’argent se rend souvent très bien…).

Ok sérieux, je vous épargne les détails de comment elle a essayé de m’expliquer ça. Elle a même sorti à un moment donné que c’était peut-être mieux de ne pas chercher à comprendre. (c’est vrai, j’ai juste un BAC universitaire, je pourrai pas comprendre). C’était même moins clair que ce que j’écris plus haut. Pauvre elle, je la plains, elle essayait de donner un sens à une situation qui n’en avait pas. Je n’ai pas pu retenir mes fous rires. Je n’invente rien. C’était ridicule, elle essayait de justifier les logiques du système administratif.

Le bottom line est simple, et c’est ainsi que j’ai terminé mon appel:

Moi: Bon écoutez, je n’ai pas appelé ici pour faire le procès du gouvernement (wo, trop pour moi anyway). Je vois bien que vous essayez de me faire comprendre VOTRE système. Dans votre monde, il fait probablement du sens. Mais dans ma logique de cliente/consommateur, votre système a fait une erreur et si c’est votre processus normal, il devrait être changé tant qu’à moi. (…quellllllle bonne pratique de gestion!). Mais anyway, j’ai appelé ici à cause de votre lettre, qui me demande de régler ma dette! Alors que c’est déjà réglé! Alors pouvez-vous au moins me confirmer, avec toute cette histoire, que mon dossier est VRAIMENT ok?

Femme 2: Bon, je vais RE-rédiger une entente et tout devrait être ok.

Moi: Je crois rêver, comme si elle me faisait une faveur de rédiger cette entente. Parfait madame, c’est tout ce que j’ai besoin il semble. Merci. Bonne journée.

J’en avais assez, je voulais raccrocher tout de suite après ça. Mais elle m’a tenu en ligne encore 2 minutes. J’ai cru comprendre qu’elle tenait à me justifier pourquoi c’était arrivé, comme si c’était bien correct tout ça. Pffffftttt. Si vous me connaissez, vous savez que je ne fais pas partie des gens qui ont besoin d’avoir le dernier mot. Et cet échange était sans issue. Alors hop, je l’ai laissé se raconter ses histoires. Et puis moi je suis venue vous raconter tout ça ici  😉 héhé.

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8 réponses à “Cher Gouvernement, je pensais que tu me manquais.

  1. Tu devrais lire la bande dessinée : Les 10 travaux d’Astérix.
    C’est pour ça qu’il est si facile de ridiculiser le fonctionnarisme et ses exécutants. C’est qu’ils y croient vraiment eux.

    • Ouaip! J’ai même vu le film plusieurs fois. Garçon l’écoute assez souvent (y’a de ces classiques qui passent les générations). Y’en a même 12 travaux maman 😉

  2. Quand tu appelles le gouvernement (ou toute autre grosse business, genre Bell ou … un douanier), tu n’essaies pas d’avoir raison, c’est peine perdue et ça peut te mettre dans le trouble !!!

    • Peine perdue, mets-en! Je ne sais pas trop comment je me suis ramassée dans cette conversation en plus…j’appelais juste parce qu’on m’a dit d’appeler, sous menaces de prendre des mesures contre moi, pour régler « ma situation ». C’est complètement dingue!

  3. Non mais je me bidonne….ça me sort de mes problèmes (ou défis devrais-je dire) de te lire. Tu es trop drôle Mel. Va à la radio…….=)

  4. C’est fou ca me rappel une histoire avec la ville de lévis …a ben … lire l’histoire plutot que la vivre,tu fais du bien Mélo, et a mon dieu oui c,est désagréable de répété l’histoire encore et encore , tes pas trop sensible…

  5. Pingback: Ahhhh ben, ça n’est pas fini c’te dossier… « De visu, de Québec à Toronto·

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