Un peu plus d’un an…

Update du 8 juillet: ça m’était complètement sorti de l’esprit, mais j’aurais dû mentionner – au risque encore une fois de me faire taxée de Quebec basher:
Le système de santé fonctionne BEAUCOUP mieux ici. Les attentes pour les spécialistes sont raisonnables, les médecins ne lésinent pas sur les tests à faire passer pour éliminer toutes les hypothèses lorsqu’on consulte. Le suivi est RASSURANT, on se sent ÉCOUTÉ et non bousculé. Ça, c’est le système de santé Canadien à l’image que je me faisais. La p’tite particularité: les secrétaires médicales…quelllllllle tête elles ont!  Ceci dit, celle de mon gynéco est colorée et souriante, comme quoi il y a des exceptions tout de même 🙂

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C’est le retour de l’été. L’école est terminée et mon plus vieux y serait resté. Une bonne affaire qu’il aime l’école…en fait il aime le côté social plutôt…ouais on s’en doute, ça-promet. Je sais déjà que j’aurai des notes de professeurs m’informant que garçon placote trop en classe. Mais dans le contexte où nous sommes, c’est parfait qu’il aime l’école.

Justement…
Lundi il commençait son programme de camps d’été. Nous l’avons inscrit à une école Montessori (en fait c’est la même qu’il a fréquenté le printemps et l’été dernier) qui est maintenant déménagée dans un endroit tout neuf et tout beau. On était enthousiaste pour lui. Mais lui, garçon, n-o-n non.

Ooooupelaye. Jammé dans le coude le ti-monsieur. Boqué. Frustré. Back to square one, c’est-à-dire été 2010…

Faut dire qu’on revenait d’un week-end de camping avec des amis et que sur le tas il sortait un peu fatigué d’une méchante grippe. La semaine dernière j’avais été très tolérante envers lui, l’excusant souvent en mettant tous ses comportements débiles sur la faute de la grippe. Mais là, c’est F-I-N-I NI pis maman a le réservoir de patience un peu à sec…Je me suis revue l’été dernier. Je me suis remise à faire de l’exczéma. Un petit film passait en boucle dans ma tête de mon été dernier. Sauf que détail – l’an dernier je ne travaillais pas ET je vivais sur l’adrénaline du déménagement. Ces temps-ci, mon boost d’adrénaline passe par mes RedBull, on se comprend-ti?

HEUREUSEMENT – j’ai attaqué la gangrène à la racine. Ouaip. Pendant que M.T est en Angleterre, j’ai instauré un régime militaire. Tolérance zéro sur les comportements inadéquats. Oui m’dame. Garçon veut chirer un peu? Time-out mon bonhomme. Garçon veut pousser le bouchon un peu plus pour voir si j’étais vraiment sérieuse? La chambre pour réfléchir, claquage de porte inclus! Maman a l’air très fâchée? ELLE L’EST! Garçon veut me refaire en boucle les séances de braillage – retime-out mon bonhomme. Ah et puis on veut se venger sur son petit frère? Oooohhhh là tu pousses le bouchon garçon! La vie va être dure pour toi si tu t’entêtes à me tenir front. C’est l’armée icitte cette semaine! Et ta mère peut être entêtée solide aussi – non mais tsé, avec un père et une mère comme moi, il pense qu’il sera plus fort que nous?  Non mais eh! oh! On a 35 ans d’expérience derrière la cravate bonhomme!

Le tout enrobé d’amour et de petites leçons de morales…ééééééévidemment. Je les ai écouté moi aussi, les Super Nanny et Docteur Nadia 😉 Ben ça a porté fruits (on se croise les doigts) et ce soir c’était un charme! J’me suis empressée de le féliciter pour ses bons comportements.

……pffffffffffffffiou. Sérieux. J’suis pas sûre que j’aurais passé à travers un autre été comme l’an dernier.

Je suis pas mal débordée, ça faisait un bail que je n’avais pas été complètement dans le jus comme ça de livrables et avec les voyages que moi et Monsieur T faisons à gauche et à droite en plus d’en avoir deux à s’occuper maintenant, holly guacomole on est busy! D’ailleurs, M.T est en Angleterre en ce moment et puis moi je serai à Québec la semaine prochaine.  Je devrais donc être en train de bosser fort, mais je dois avouer que j’ai la tête ailleurs ce soir. J’ai rencontré une francophone du Québec qui a récemment aménagé ici dans des circonstances similaires à moi. La voir avec son bébé de 6 mois, son fils de presque 4 ans et son désarroi m’a fait revoir mentalement ma dernière année…coudonc, j’étais dûe pour me repasser le film on dirait bien!

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Je m’étais demandée quelques fois c’était comment, de vivre dans un autre milieu où on n’a pas nos racines. Et puis quand on a décidé de déménager dans Toronto plutôt qu’aux USA, je ne m’étais pas tellement creusé la tête puisque j’ai pensé à la légère: ah! ben on est canadien alors ce sera tiguidou. Et aussi il faut dire, comme la décision de partir était commune et que notre but était de vivre une aventure, et non une situation un peu forcée où le Monsieur est transféré pour sa carrière et la Madame suit un peu à reculons, je m’étais dit que nous viverions une immersion. D’où le fait que pendant les premiers mois, je n’ai pas cherché de communauté francophone. Quoique j’aurais sûrement apprécié. On avait mis le focus sur le fait de vivre comme les anglos et ça passait en premier par la langue. Pendant plusieurs mois, je ne savais pas qu’il existe ici une école francophone (que l’on vient d’apprendre qui est catholique et que donc, il faudra faire baptiser notre fils l’an prochain – on est athée vous aurez deviné).

Ouin bon. On est similaire c’est vrai. On n’est pas parti en Chine! Et c’est facile de se débrouiller quand même, en autant que tu parles anglais évidemment, mais au final, ce n’est pas aussi simple…
Au fur et à mesure de l’année, je vous ai relaté quelques épisodes de notre quotidien…Une année spéciale somme toute! Mai 2010  on roulait dans nos voitures, le coffre plein, un enfant à l’arrière à travers les boîtes et ma mère qui prenait place avec mes côtés. Après une longue journée de route (11 ou 12 heures à mon souvenir), avec quelques arrêts pour dégourdir les enfants, nous arrivions à la maison que je n’avais vue qu’en virtuel.

Constats que j’ai faits à ce jour, parfois par des réflexions partagées avec Monsieur T et parfois aussi des réflexions échangées avec des amis québécois qui vivent ici maintenant. Note – je demeure dans une banlieue et fort possiblement qu’au coeur de Toronto, ce serait différent.

  • Les enfants –
    Au départ un peu craintive et soucieuse, on se demandait bien quoi faire pour aider garçon à passer au travers cette phase d’adaptation. Presqu’unilatéralement, je me suis laissée dire que les jeunes enfants s’adaptent mieux que l’on pense et qu’il ne faut pas trop s’en faire. Ce qui n’est pas complètement faux, mais pas complètement vrai non plus. Il faut être prêt à vivre difficilement les premiers mois 😉 Dans notre cas, garçon a mis 5 mois à se sortir de sa frustration. À partir du moment où il a accepté notre nouvelle réalité, il s’est mis à apprendre l’anglais. Et puis LÀ, ça a déboulé et LÀ on a pu constaté qu’il apprenait vite et se débrouillait bien dans un environnement qui n’est pas dans sa langue! Évidemment – tout est relatif et tout dépend du caractère de l’enfant hein! En tout cas moi, l’été 2010 a été plutôt l’enfer côté parental…Bébé, je n’ai pas grand chose à dire, tout s’est bien déroulé avec lui! Mis à part les nuits qui lui sont plus difficiles (il a un sommeil léger), c’est le genre bébé facile à aimer. En tout cas POUR LE MOMENT haha, on a deviné que les enfants, ça marche par phase hein!
  • La communauté –
    Les anglophones semblent effectivement plus ouverts, plus rapidement. Les gens sont solidaires et un peu moins individualistes. Entre voisins et dans la communauté. Le bénévolat fait partie de la vie et nous semble vraiment plus commun ici. On se demande aussi si le fait que le gouvernement est moins présent amène les gens à plus se prendre en main…une hypothèse! Ceci dit, l’ouverture sociale est plutôt en surface. Je ne vous dirai pas que nos amis anglos sont chaleureux. Terme que je trouve nous décrit mieux, les Québécois.
  • La parentalité –
    J’imagine que c’est semblable, mais à date autour de nous les enfants sont plutôt rois. Les caprices sont non seulement tolérés mais on ferme les yeux (c’est plus facile aussi faut le dire) sur plusieurs situations qui demanderaient intervention du parent. On est assurément la famille qui encadre le plus leurs enfants (je n’insinue pas qu’on est donc bon, on fait des erreurs parentals nous aussi, mais je vous dis que je n’ai pas hâte d’avoir à diriger ces enfants qui deviendront employés un jour…)
  • Les relations homme/femme –
    Semblable aussi, mais j’aurais tendance, non pas par patriotisme ben nooooon, à vous dire que les femmes sont un peu plus affirmées dans leur couple au Québec. Je pense qu’ici il y a un petit retard dans l’évolution des tâches et relations homme-femme.  Ma vision est peut-être un peu déformée aussi, il faut dire que moi et M.T formons un couple de deux personnes assez indépendantes et que le partage du pouvoir est assez égal. En tout cas, M.T a souvent passé des remarques du genre: « Mais les gars font quoi ici? ». Et mon voisin américain, de me voir faire des tâches stéréotypées « mâles » me lance que je n’ai pas d’homme à la maison (j’aurais eu envie quelques fois de rétorquer que si sa femme bougeait comme moi, elle n’aurait pas à se plaindre de son excès de poids…badam tchi!) Et puis ne pas être marié, c’est être extra-terrestre, encore plus selon les américains of course.
  • Le rapport à la nourriture –
    Définitivement, on retient des français. On aime prendre le temps de manger, boire et discuter autour d’une bonne table. Pas ici. Les problèmes d’obésité sont fréquents. Leurs habitudes alimentaires ressemblent beaucoup à celles des américains (selon l’image typée que l’on connaît d’eux). Plus de fast-food et moins de cuisine à la maison. Les goûts sont moins raffinés, à preuve les épiceries ont des sélections de produits limités. Il faut aller chez Metro et Longos (et je viens d’apprendre qu’il y en aura bientôt un dans ma communauté) ou un Wholefood Market à Oakville par exemple. D’ailleurs, Oakville est pas mal plus intéressant au niveau nourriture. C’est une communauté plus riche d’ailleurs (très riche même) dont plusieurs résidents sont francophones, on parle d’un approx de 15%. Quand on invite des amis anglo à souper, qu’on cuisine et qu’on place une nappe et des chandelles, on est totalement hors-norme. On se fait dire qu’on est très fancy. D’ailleurs, personne ne nous a jamais reçu à souper comme nous avons reçu à souper…! Les soupers qu’on a eus avec des amis ont été des commandes de sushis, mangé sur le coin de l’ilôt pendant que les enfants crient, jouent et se chamaillent autour de nous. Ou alors un vendredi soir dans une chaîne de resto Mexicain alors que les enfants courent dans le resto. Pour être franche avec vous, à défaut de passer pour une difficile, je n’ai pas souvenir d’avoir eu du fun. Les 2 soupers que nous avons appréciés sont quand on a reçu un couple avec leurs filles, lui originaire de Vancouver et elle de Laval, et un autre couple avec leur fils, lui originaire d’une île au sud de l’Italie et elle pure Ontarienne (coincidence ou non, elle triait les assiettes; pas d’oignons, pas d’olives, pas de poivrons alors qu’elle m’avait dit qu’elle mangeait de tout…oups!).
  • Le cinéma –
    Euhh, je n’ai pas grand chose à vous dire là-dessus puisque les seules fois où je pourrais y aller c’est dans le jour, mais ici, ILS SONT FERMÉS en journée. Milton, Burlington, Mississauga et Oakville = niet. Tu veux voir un film en journée? Attends la diffusion aux 2 semaine d’un film maman-poussette……………Oh et puis, les cinémas en plein-air existent encore ici! Tout comme le camion de crème-glacée qui passe dans les rues à 20h30 chez nous avec sa tite-musique enfantine…..ouais ben, cherchez pas un comptoir à cornet ici, vous ferez mieux de sauter sur le ti-camion si vous voulez une glace.
  • La mode, le vestimentaire, le Fashion avec un F majuscule –
    Oubliez-ça. J’ai eu droit à tous les commentaires élogieux en m’habillant de simple jeans + jolies chaussures + jacket + simple maquillage + coiffage négligé….Le style « je m’en vais au gym » ou « c’est ma journée de méange » est roi ici.
  •  La religion –
    Dans notre communauté, il y a une bonne variété de religions. Mais généralement, les Ontariens que l’on rencontrent sont catholiques. Les églises sont très présentes et elles sont encore le point d’ancrage et de ralliement de bien des communautés, ce qui en soi a du « bon ».  Je n’ai jamais entendu personne parler d’athéisme. Notion extra-terrestrielle encore une fois 😉

Bon alors en gros, les différences sont subtiles. Mais le raffinement, c’est Québécois. N’empêche que cumulées, c’est significatif.  De mon côté ce qui m’a manqué le plus, et qui me manque encore, c’est de pouvoir être spontanée. Dans mes commentaires et dans mon humour. Quoique je parle de mieux en mieux en anglais avec un faible accent, il y a trop de vocabulaire, de slang et de subtilité que je ne maîtrisent pas. Et je pense que ce qui permet de tisser des liens serrés et complices avec des gens, des relations d’amitié un peu plus sérieuse par exemple, c’est dans le partage de ce que l’on est. Échanger sur les enfants ou sur la pluie et le beau temps, c’est superficiel et c’est le genre de conversation qu’on peut avoir avec n’importe quel quidam anglo. Mais quand vient le temps d’échanger des fous rire, c’est différent.

Le rire. Rire de bon coeur. Avoir des fous rire soudain. S’étouffer et cracher parce qu’on éclate de rire.

Je crois que ça…..ça me manque beaucoup. On ne réalise pas à quel point le rire est bon.

Comme je disais à ma nouvelle copine, on est tout de même « débarquée » dans une belle communauté et on est entouré de nature. Les activités familiales sont abondantes et tout ce qu’on vit et a vécu nous a permis et permet de mieux se connaître, dans le beau et le moins beau, mais dans notre plus fort surtout.

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4 réponses à “Un peu plus d’un an…

  1. Ouais.. toute une journée de réflexion. Pas facturable mais qui fait du bien au coeur.
    Pour garçon, j’avoue avoir testé la méthode dès le premier souper en février (il m’avait aidé un peu comme on dit :d). Pas question que je passe 2 semaines à avoir hâte que les parents reviennent. Ce qui ne l’a pas empêché de me faire la plus belle déclaration d’amour que j’ai reçue de ma vie…
    Tient bon ma fille, c’est la bonne méthode. Ça fait partie de « l’encadrement », ça leur fait connaître les limites. Ils auront bien le temps de les repousser plus tard.

    • Merci maman 🙂 les encouragements sont bienvenues dans ces situations là. Et tu as raison, jeudi et vendredi se sont mieux déroulés et au contraire de ce que je pensais, au lieu de se jeter dans les bras de papa au retour parce que maman n’avait pas été « gentille », j’ai eu droit à multitude de câlins, de sourires et de je t’aime maman. Eh ben!

  2. J’adore ton blogue! Tu me fais rire…
    J’ai l’impression de lire ce que je pense et que j’ai de la difficulté à exprimer.

    Ta nouvelle copine francophone.

    • Bienvenue Valérie!!! Ah! tu seras donc la première en terre Ontarienne (à ce que je sache), québécoise, à lire mon blog. Tu me donnes un second souffle pour repartir une autre année. Ne te gêne pas pour ajouter ton expérience! Je suis certaine que nos lectrices et lecteurs apprécieront 🙂

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