Vendre la maison au Québec à partir de la Californie.

Hier on a eu la rencontre du 3e type. Genre comme. On est dans le processus de finaliser la vente de notre maison à Québec. Afin d’éviter de voyager toute la famille pour aller signer 3-4 papiers à Québec, on a avait préparé une procuration. Non-accepté par la notaire, pas légal ça a l’air, elle a préparé un autre document appelé Power of Attorney, en français: une procuration mais avec tout le jargon légal. Le but est le même, déléguer une personne qui signera en nos noms. Ce que vous devez savoir, c’est qu’aux USA le Power of Attorney se signe chez un Notary Public. Cette personne, qui n’est pas un avocat, atteste et authentifie les signataires. Cette démarche est 100% légale et formelle. Avec la luck qu’on nous connaît pour la paperasse, la notaire n’a pas accepté le document du Notary Public et a exigé que ce soit un avocat qui fasse le travail du Notary Public. Pas besoin de vous dire que ça ne se trouve pas au coin de la rue. Voilà pour les détails, maintenant je vous envoie directement au plus burlesque, soit la belle heure et demie avec l’avocat, le seul contacté qui a accepté de nous accommoder:

L’intro a commencé par une discussion banale sur nos origines et sur le petit peu de français que l’avocat connaissait et avait appris à l’école.
Il a doucement glissé vers la généalogie, nos ancêtres, ses ancêtres.
Ensuite on est passé par l’éducation à donner à nos enfants versus la langue (on a eu droit à plusieurs recommandations évidemment).
L’intro finie, on tombe dans le vif du sujet: les documents (qui séchaient bien sagement devant nous depuis 30 minutes déjà).
Son visage devient soudainement plus sérieux et il nous explique les aspects légaux de ce que nous cherchons à faire avec lui. Il prend une pause après nous avoir dit: « l’état de la Californie a tous les droits sur nous, il pourrait refuser de faire ce que nous faisons là, car ça ne se fait pas vraiment. Comprenez-vous bien ce que je vous dit? ».
…..
On fait oui de la tête et on arrête de respirer pendant un interminable 30 secondes.
Il ajoute: et ma signature vaut 150$ (au point où on en était, il aurait pu nous demander 500$ j’pense qu’on aurait pas broncher).
Il commence ensuite à faire la lecture à voix haute du document.
Il prend un crayon – bon signe – et me demande de remplir certaines sections et de signer.
Victoire qu’on se dit.
Après avoir rempli UN document, il s’arrête et nous dit:
il y a TROIS documents à signer?.
Tom fait la blague: doit-on multiplier votre facture par 3?
Il ne répond pas et change de sujet: il nous parle de l’histoire: des champs de batailles, des british, des mexicains, des français, des américains, des traités, des territoires.
On veut mourir.
Après 10 minutes de leçons d’histoire, il reprend les signatures.
On va l’avoir qu’on se dit, on va l’avoir.
Il finit par finir de signer et nous on regarde la porte de sortie déjà, sans savoir que la leçon n’est pas terminée.
Ça y est, il embarque sur la politique, sur les démocrates. Maudit Obama. Notre socialisme canadien.
Fuck, là on aimerait juste partir en courant. Malaise malaise. On ne peut pas partir, il nous faut encore lui demander sa copie de license.
Pendant qu’il prend un plus long respire, on ose la demande du certificat.
Ses yeux s’arrondissent et il sourit lentement comme l’air de dire:
mes deux guignols de franco-canadiens, vous allez pas vous en sortir de même.
Il ajoute:
en 42 ans de pratique, c’est la première fois qu’on me fait la demande et que je vais donner une copie de ce certificat.
Ah bon au moins il a dit qu’il nous la donnerait la c.. de copie. Ouf.
Voilà, on a tous les documents, il nous reste à payer. Combien? 150$. re-ouf.
Il veut un chèque.
J’ai juste mon chèquier canadien sur moi. Tom, ses cartes de crédits.
Il hésite.
MERDE.
Il veut mon chèque canadien qu’il dit.
Whatever man.
Finalement il va prendre la carte.
On est à 1 mètre de la porte de sortie, mais il nous tire vers son bureau personnel pour nous présenter les traités de j’sais pu quoi et nous présente les photos de toute sa famille et ancêtres.
On est reparti.
Il a fait la marine tu comprends. Son fils fait la marine. 5e génération. On va tout savoir en sortant d’icitte.
Il est républicain, pur et dur.
À la blague je lui dis qu’on espère pas le revoir nécessairement (sa spécialité est les divorces…fouille-moi comment on s’est ramassé à l’avoir sur google pour les Power of Attorney).
Il repart sur une chire de recommandations pour un mariage qui dure. Et dieu. Et qu’il faut des principes.
On a le sourire poli qui fond comme neige au soleil.
Il termine, on le remercie énormément et on sort de son bureau, l’impression d’avoir rêvé la dernière heure et demie.
Et quoiqu’il semble avoir apprécié ses échanges (ou monologue en partie) moi je pense qu’il s’est aussi un peu payé notre tête, à nos frais.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s